- La Chambre d’Ames

,  par Hervé BERNARD dit RVB

La Chambre d’Ames évoquée dans Regard sur l’image p138 est considérée comme une illusion d’optique dans tous les ouvrages qui abordent la perception visuelle. Cependant, après avoir écrit cet essais, je suis convaincus que cet effet, construit en utilisant à contrario, les lois de la perspective, appartient bien au contraire, aux illusions culturelles au même titre que l’illusion du vase grec et que bon nombre d’illusions dites optiques ou visuelles.

En complément de l’illustration publiée dans le livre en voici uneversion animée.Dans cette version, l’éclairage imparfait révèle partiellement le processus utilisé pour construire le sol de cette chambre.

Construite en 1946, baptisée du nom de son créateur, l’ophtalmologue Adelbert Ames, cette chambre s’inspire des travaux d’Hermann Helmholtz (cf Regard sur l’image p 66). Deux illusions sont associées à la chambre d’Ames. En fait, cette chambre est trapézoïdale. Elle n’apparait de forme rectangulaire que depuis un seul point de vue et à condition de n’utiliser qu’un seul œil (absence de vision stéréoscopique, la profondeur est donc inexistante). Le sol en damier, les murs, les portes et les fenêtres ne sont en fait que des surfaces trapézoïdales. Grâce à l’association de ces deux subterfuges, l’observateur voit donc les coins du fond de la pièce comme étant de tailles égales et à la même distance de l’œil. Pourtant, le coin de gauche,, est deux fois plus loin de nos yeux que celui de droite.

Lorsque nous observons une chambre d’Ames à partir du trou, notre vision converge vers le mur du fond qui n’est pas droit par rapport à notre point de vue. Ceci crée une différence de point de fuite et donc une distorsion de l’image globale de la chambre, qui s’imprime sur la rétine.

En fait, tel une poupée russe, la chambre d’Ames emboîte les illusions les unes à l’intérieur des autres. N’oublions pas que la perspective est une forme particulière d’anamorphose. C’est ainsi que nous obtenons la forme illusoire de la pièce, la taille incompréhensible des personnages par rapport à la pièce et donc l’effet de nanisme ou de gigantisme progressif qui apparaît lorsqu’une personne se déplace à l’intérieur de la pièce. La pièce est construite à partir d’un mécanisme connu depuis longtemps : une même image rétinienne peut être produite par différentes constructions matérielles dans le réel.

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Comment construire une chambre d’Ames (en anglais)