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- Le flou

Dans la pein­ture figu­ra­tive de la Renaissance, le flou est essen­tiel­le­ment le flou de l’éloigné, de la dis­tance. Par contre, en pho­to­gra­phie, le flou pro­vient alter­na­ti­ve­ment du mou­ve­ment, de la mise au point, du sujet éloigné ou encore d’une com­bi­nai­son de ces flous. Le flou pho­to­gra­phi­que inclut une autre nou­veauté : le flou du pre­mier plan com­plé­te­ment ignoré de la pein­ture figu­ra­tive. Comme si la photo avait inventé l’éloignement proche ou le proche éloigné tel ces mem­bres de la famille que l’on voit peu sou­vent.

Par ailleurs, le flou de la pein­ture occi­den­tale est dif­fé­rent du flou de la pein­ture chi­noise qui lui fait surgir et ouvre sur le monde pour faire appa­raî­tre ou dis­pa­raî­tre. Pour les pein­tres chi­nois, le flou n’est ni le néant ni le confus. La figu­ra­tion occi­den­tale est dans le hic et nunc, le ici et main­te­nant.

La figu­ra­tion chi­noise tend à pein­dre une image glo­bale de la mon­ta­gne c’est-à-dire conte­nant des che­mins, des arbres, de l’eau tout cela dans l’imper­ma­nence mais aussi dans la conti­nuité de cette mon­ta­gne. C’est-à-dire dans la glo­ba­lité de ces points de vue : de face, de haut, de près ou encore de loin. Le pein­tre chi­nois cher­che à pein­dre tous ces aspects sans qu’ils s’excluent.

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