- Un certain jardin,

,  par Hervé BERNARD dit RVB

- Un certain jardin, à propos du film Empreintes

Un jour, raconte Hervé Bernard, quelqu’un m’a fait remarquer que lorsque l’on détenait plus de trente ans de photographies d’un tel lieu, il ne fallait pas s’arrêter avant d’avoir fait un livre ou une exposition… J’ai commencé par un film.

Quel est ce lieu ? Le jardin des Tuileries à Paris, aujourd’hui géré par le Louvre. Quel est ce film ? Empreintes, un court-métrage de dix-huit minutes dans lequel un narrateur à l’accent étranger évoque les histoires et les impressions qui le lient à cet espace. C’est aussi plus de trois cents photographies en noir et blanc ou en couleurs qui se succèdent et s’animent, en intelligence avec la narration et la bande son. Le procédé rappelle les débuts de la photographie, lorsqu’on cherchait à saisir le mouvement, et ceux du cinéma, lorsque le nombre d’images par seconde était variable et moins important qu’il ne l’est aujourd’hui. Pour ne pas heurter les habitudes visuelles actuelles, aucune image n’est toutefois parfaitement fixe.

Trente ans de photographies d’un jardin public permettent de l’incarner, de le personnifier, dans toute sa complexité : ses quatre saisons, son vaste millier de sculptures signées des plus grands noms, ses promeneurs aux profils variés selon le climat ou l’heure. Si aucune photographie n’est posée, certaines ont été prises à la dérobée, notamment grâce à un téléobjectif. Empreintes parvient ainsi à susciter humour comme contemplation, amour comme détestation. Il s’agit peut-être d’un hymne, sinon d’un hommage à l’un des jardins publics qui structure le paysage parisien et, certainement, d’une invitation à le découvrir à travers un regard généreux et connaisseur.

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Hervé Bernard, Empreintes, 2015, France, 18 minutes, couleurs (avec le soutien de la Fondation des parcs et jardins de France). En attendant une diffusion plus large, le court-métrage sera visionné les 15, 16 et 17 mai 2015 au festival de Courson, au château de Chantilly.

Hervé Bernard (créateur visuel), Marco Martella (auteur), Denis Mercier (créateur sonore), Lola Norymberg (monteuse), Stanislas Stanic et Goran Veivoda (narrateurs des versions française et anglaise).

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