- Couleurs et images au Japon

,  par Hervé BERNARD dit RVB

Éléments :

- Il y a près de 1000 ans, la coquetterie japonaise voulait que les dents soient noircies avec un dentifrice au charbon de bois ou à l’aubergine comme l’affirmait Sei Shônagon. Cette femme de cour estimait que le spectacle de dents bien noircies égayait l’âme.

- Les Japonais pour se désigner lors d’une conversation montrent leur nez tandis que nous désignons notre poitrine et plus particulièrement le côté gauche, celui du cœur. Cette référence occidentale est bien entendu l’objet du débat sur le siège de l’intelligence.

- Le Japonais dispose d’un mot unique et intraduisible pour désigner le regard de l’empereur, ce regard que personne ne pouvait contempler était malgré tout désigné. Regard impossible à regarder mais désignable et pensable puisque nomable contrairement à certains dieux.

- Parmi les Japonais, ceux qui ont peur des fantômes évitent de mettre des miroirs dans la pièce où ils dorment. Par contre, en Europe, pendant longtemps, les miroirs de la maison étaient voilés tout le long de la semaine qui succédait le décès de l’un des membres d’une famille. Cette coutume aurait deux interprétations :

- faciliter l’ascension au ciel de l’âme du défunt en lui évitant d’errer de miroir en miroir
- se mirer dans une glace lorsqu’il y a un mort dans la maison était susceptible de provoquer le décès de la personne qui se mire.

À propos des miroirs, Gérard Mordillat raconte qu’ « Au Moyen-âge, les pèlerins accrochaient à leurs chapeaux de minuscules miroirs, persuadés que, lorsqu’ils se prosterneraient devant la sainte relique, au terme de leur périple, l’image de celle-ci persisterait dans l’amulette. Persistance de l’image pieuse qui les protégerait des dangers, des maladies, du mal, du diable et de ses succubes. Ces petits miroirs bon marché étaient faits de plomb frotté. »

Ces trois croyances révéleraient-elles que l’on a longtemps doté les miroirs d’une capacité d’enregistrement ? Les deux premières étant maléfique tandis que la troisième serait bénéfique.

- En France, cocher un élément dans une liste signifie qu’il a été vérifié ou choisi. Au Japon, marquer d’une croix signifie que l’on ne veut pas de cet objet, si l’on choisit un objet dans cette liste, il sera précédé ou suivi d’un rond. Conséquence, si chez nous croiser les doigts indique que l’on veut conjurer le mauvais sort alors que pour les Japonais, ce même geste indique que l’on rejette une proposition.

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