- De l’origine de la technique

,  par Hervé BERNARD dit RVB

De l’origine des techniques artistiques

Le numérique, comme nous le rappelle Edmond Couchot a été inventé par le complexe militaro-industriel. Cependant, contrairement a une légende urbaine, ces techniques artistiques ne sont pas les premières à émerger dans un tel contexte.

Affirmer cela, c’est oublier que la perspective a été d’abord inventée pour calculer la portée des canons et rendre les forteresses plus résistantes contre les dits canons. Ainsi, en France, où l’on voue Le Nôtre aux pinacles, on oublie que l’autre maître de la perspective sous Louis XIV est Vauban. La perspective a donc bien été le fondement du pouvoir de Louis XIV à la fois dans le domaine artistique et militaire.

Quand à Léonard de Vinci, il représentait à lui tout seul le complexe militaro-industriel et le monde des arts de la Renaissance. Les choses ne sont donc pas si simples qu’Edmond Couchot l’affirme.

Par contre, là où il a raison, c’est que ces techniques numériques, contrairement, à Le Nôtre ou Léonard de Vinci, nous ne les maitrisons pas. Nous sommes dépendants des ingénieurs qui les ont conçues. En effet, au-delà des tests que nous pouvons faire, nous sommes obligés de les croire quand ces derniers affirment que tel ou tel algorithme est plus performant que tel autre.

L’exemple des espaces couleurs est un exemple extrêmement probants. Nous savons que l’espace Adobe RGB est loin de représenter toutes les couleurs visibles et qu’à fortiori l’espace sRGB, plus petit est encore moins capable de représenter l’ensemble des couleurs visibles. Pourtant, tous les appareils photos dits professionnels se contentent de ces deux espaces avec pour réglage par défaut, le plus petit des deux... Or, les nuances de couleurs sont indispensables à l’amélioration du modelé de l’image et ce modelé contribue à la définition subjective de l’image. Pourtant, les constructeurs, ont opté pour la course à la définition et la multiplication des pixels. Pourquoi ?

© Hervé Bernard 2014

Probablement, parce qu’il est plus facile de fabriquer des pixels supplémentaires, qu’ils sont moins gourmands en poids de fichiers (Méga-octets) que des espaces couleurs qui nécessiteront un encodage des couleurs en 16 bits par couleur primaire, voire en 24 bits pour assimiler toutes les nouvelles nuances. Parce que le lien définition-modelé semble plus logique et est, en tout cas, plus simple à expliquer au public parce que prétendument plus rationnel.

Par ailleurs, une amélioration de l’encodage des couleurs par le recours à un espace plus large, qui, permettrait notamment de reproduire les couleurs néons, certains pastels ou encore de mieux restituer les nuances de couleurs dans les basses lumières, impliquerait de repenser tous les algorithmes de compression ainsi que tous les formats de fichiers afférents. Cela représente beaucoup de travail et nécessiterait que tout le monde s’assoit à nouveau à la table des négociations pour redéfinir les normes. Encore plus de travail et d’énergies... Sans oublier une éventuelle remise en cause des équilibres économiques.

C’est probablement sur un écueil similaire que bute l’hexachromie.