- Image et précision

,  par Hervé BERNARD dit RVB

« Les esprits analytiques ne voient pratiquement que les défauts : plus la lentille est forte, plus imparfait nous apparaît l’objet observé. Le détail est toujours fâcheux. »1

Hooke2 l’un des premiers utilisateurs du microscope, corrobore les propos de F Pesoa quand il affirme que ses dessins de l’oeil de la mouche ne représentaient aucune mouche. Pour obtenir ces dessins, il avait dû multiplier les échantillons de mouches observés, mais aussi les points de vue et les oculaires. Le dessin finalement obtenu est un archétype, une fiction, mais, si cette fiction n’a pas la réalité de chacune de ces observations, elle dit paradoxalement la vérité en étant tout à la fois une synthèse, et une simplification.

Dessin d’une mouche par Hooke

Ainsi, pour créer cette mouche, il a fallu éliminer tous les particularismes de chacune des mouches pour décrire les spécificités de l’espèce. Cette globalisation est porteuse de sens. C’est parce qu’il y a globalisation que l’on peut penser l’oeil de la mouche, et cette globalisation interdit à l’image d’être un reflet, le cachet de la réalité, puisqu’elle est une synthèse. Où réside dans cette image le miroir de la réalité ? C’est parce que l’on a écarté des informations qu’elle devient représentative. Là encore, c’est la sélection-réduction de débit qui lui donne du sens. Si Hooke avait repris toutes les particularités de chacune des mouches, aucune taxinomie n’aurait été possible.3

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