- Le poisson : symbole chrétien ? V3

,  par Hervé BERNARD dit RVB

« Soudain, il put expliquer le rêve de Procula. Il évoqua la vie des fidèles traqués et prononça le nom grec du poisson qui réunit dans l’ordre les initiales des mots signifiant dans la même langue "Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. »1

En effet, selon saint Augustin, le mot grec ichtus/ikhthús est l’acronyme des initiales de « Jésus-Christ fils de Dieu, le Sauveur » (Ιêsoûs Khristòs Theoû Uiòs Sôtếr).

Ce symbole, comme le sumbolum montrent comment la création d’un symbole se construit simultanément sur la ressemblance et la différence. La ressemblance est donc insuffisante dans ce processus, une différence est nécessaire. D’autant plus nécessaire que dans le cas du poisson chrétien, tous les poissons du bassin méditerranéen font l’affaire.

Illustration ©Hervé Bernard, extraite de la mise en image de La Spirale, une nouvelle d’Italo Calvino

« Le poisson est l’animal pur, qui évolue dans des eaux translucides, celles qui servent à baptiser les nouveaux fidèles. C’est l’animal dont la reproduction, mystérieuse, se fait sans coït, et donc sans péché. Dans la Bible, leur abondance permit à Pierre, Jacques et Jean, les futurs apôtres, de se livrer à des « pêches miraculeuses », et finalement de se convertir.

« Sur le plan alimentaire, la consommation de poisson est autorisée par les pères de l’Église pendant les périodes de jeûne – les cent jours du carême – car la digestion de sa chair, aisée, n’entrave pas l’ascèse. Au Moyen Âge, les communautés monastiques constituent des stocks grâce à la création de viviers, inventant la pisciculture. Une première gestion de la ressource halieutique est alors en place. »2

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