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- Le Jardin des Tuileries

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« My photograph was not to do with the subject matter. »
Alfred Stieglitz

« (...) Le visible ne s’interprète qu’en référence à l’invisible. »
Sur le Jadis, Pascal Quignard.

« Par l’inventaire, le peintre doit trouver et faire entrer dans son sujet les objets les plus propres à l’exprimer, et par la disposition, il doit les situer de la manière la plus avantageuser pour en tirer un grand effet [...] La nature n’est toujours pas bonne à imiter, il faut que le peintre la choisisse selon les règles de son art, et il ne trouve pas telle qu’il la cherche, il faut qu’il corrige celle qui lui est présente... un habile peintre ne doit pas être esclave de la nature. »
Roger de Piles, Traité du peintre parfait

Se promener dans le Jardin des Tuileries, se perdre l’espace d’un instant, le temps d’un espace et redécouvrir les visages du temps. Changer ces visages immobiles pour un foisonnement de mouvement ; d’un bout à l’autre d’une histoire, figer quelques gouttelettes de temps pour mieux le regarder s’écouler et changer tout le temps, sous l’œil parfois aveugle du passant.

Chargé d’histoire, situé au cœur de Paris, passage entre “ l’urbain et le jardin ”, entre l’image classique du Louvre et l’image contemporaine des Nymphéas de l’Orangerie d’une part ; la pyramide de Peï, et les statues de Maillol d’autre part, le Jardin des Tuileries est un concentré de l’histoire parisienne.

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L’ensemble de ce travail montre que la vie de ce Jardin, au premier abord figée, est indissociable du rythme de la ville. En effet, son histoire reflète l’histoire de Paris à travers des détails comme l’évolution du style des cabines téléphoniques ou encore des évènements plus importants comme l’anniversaire de 1789 ou la restauration du Jardin des Tuileries. Ces photos témoignent de l’influence du monde moderne dans ce jardin classique.

Elles montrent comment nature et culture s’interpénètrent de plus en plus dans notre civilisation. Comment la nature fabrique de la culture et comment la culture fabrique de la nature.

Ainsi, les arbres du Jardin des Tuileries métamorphosent le poing de Diane Chasseresse en un poing rageur et combatif. Les algues du bassin des Tuileries dues au réchauffement de l’atmosphère, transforment ce Jardin en un improbable parc tropical tandis que ses sculptures deviennent des êtres mi-vivants grâce à la transparence de leur protection temporaire.

De même, c’est aussi la transparence des pare-brises, les arbres sculptés dans le Jardin des Tuileries ou les pare-vents en verre qui transforment notre lecture de la nature. C’est pourquoi, nous rencontrons de plus en plus un paysage où la nature et l’empreinte de l’Homme s’interpénètrent pour former un nouveau monde.

Hervé Bernard

En ligne droite ! par Jean-Louis Poitevin

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