- Image et réel (3)

,  par Hervé BERNARD dit RVB

La question de l’authenticité du « contenu » des photos montre bien que cette identité avec le réel n’est pas une question réaliste. Le besoin de légender les images est la preuve que leurs contenus ne coulent pas de source tout comme le besoin de mettre un filet noir autour afin de prouver son intégrité.

Alors, pourquoi celui qui photographie des enfants entrain de jouer dans la rue serait il plus pédophile que celui qui les décrit dans une fiction ? A moins de ne croire que l’image et le réel ne font qu’un ou encore, à moins de partir du présupposé que l’écrivain n’a pas vécu ce qu’il décrit. C’est-à-dire à moins de ne croire en la sorcellerie car l’image et l’acte ou le représentant et le représenté ne font qu’un.

En effet, si le Christianisme occidental peut faire la séparation représentation-représentée, c’est parce que l’on passe de l’évidence du « simple et naturel » des croyances chamaniques à une croyance de quelque chose de vrai même si cette croyance s’oppose à l’évidence. En effet, dans les religions antiques comme celle de l’Égypte, on sait que le dieu Osiris ou Râ existent, on n’y croit pas. Ces religions sont parties prenantes du monde du savoir, de la connaissance. Elles n’appartiennent pas au monde de la croyance. alors que dans le Christianisme, avec la venue du Christ sur terre, les Chrétiens et par conséquent l’Occident sont à la fois dans le savoir et la croyance. Le savoir, car il existe des traces historiques du Christ et dans la croyance parce qu’avec la venue du Christ, il existe une médiation entre Dieu et les hommes et cette médiation est de l’ordre de la croyance.
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© Hervé Bernard 2009