- Image et ressemblance (5)Bellochio, Kandinsky, Dali, Bill Brandt et les autres....

,  par Hervé BERNARD dit RVB

Vincere de Bellochio, projeté dans le cadre de la sélection officielle du festival de Cannes 2009, le film nous présentant les premiers pas de Mussolini débute par un splendide hommage au Futurisme italien afin de nous présenter le contexte historique et culturelle de la naissance du fascisme italien.

Cette logique historique et narrative m’ont amené à m’interroger sur la logique de ce mouvement. En effet, le film de Bellochio nous montre comment ces deux mouvements se sont construits notamment sur la rapidité d’action, la dynamique. De là à dire que le futurisme et le nid du fascisme italien.... Je n’irais pas jusque là mais, après avoir regardé ce film, une question me vient. Sont-ils deux versants d’un même élan ?

Certes, ils sont tous les deux construits sur la dynamique du mouvement et parfois le futurisme a pu laisser croire qu’il soutenait Mussolini. Mais, grâce à la rétrospective Kandinsky, je ne peux m’empêcher de constater que je vois, à la même époque, la peinture d’un Kandinsky reposer sur l’élan, sur la vitalité de l’élan pour ne pas dire sur l’élan vital ou encore la dynamique tout en évoquant l’instant suspendu. Par contre, de là à imaginer, dans ce cas, que Kandinsky ait soutenu le mouvement nazi, il y a un impossible pas à faire.

Kandinsky

De fil en aiguille, cet élan et cette dynamique m’amènent à examiner les liens secrest entre certaines photos de Henri Cartier-Bresson, comme celle montrant un homme sautant au-dessus d’une flaque et certaines peintures de Kandinsky.

Vincere nous montre que les liens entre le futurisme et le cinéma sont extrêmement puissants. Il est vrai que ce moyen d’expression réunit la dynamique graphique et le mouvement dans un ensemble mettant en lumière les principes du futurisme. Cependant, Bellochio ne se contente pas de faire de la belle image et nous rappele que l’image c’est d’abord du discours.

Dessau, Allemagne, 1945, © Henri Cartier-Bresson

Si certaines peintures de Kandinsky font sautiller notre regard tout comme le promeneur arrêté au-dessus de sa flaque pour Cartier-Bresson, il est des créateurs d’images, tel le photographe Bill Brandt ou le peintre Salvador Dali qui le conduisent. Dans la contemplation de ces derniers, notre regard ne peut se contenter de sautiller, il doit aller d’un point à l’autre, dirigé par la composition du dessin, de la peinture qui lui font face et lui demande de se confronter à eux.

Ce n’est pas pour rien que Kandinsky a pu associer la peinture à la musique, non pas que la peinture de Kandinsky ou la musique ne soient plus légères que l’œuvre de Dali. Il n’y a dans ce propos aucun jugement, elle est simplement plus enjouée que celle des futuristes ou celle de Dali et ce caractère sautillant s’adapte parfaitement à nombre de musiques.

Ces exemples nous rappellent que similitude et ressemblance sont au moins aussi différents que l’image et le réel.

© Hervé Bernard 2009

- Image et ressemblance (2)