- Le noir

,  par Hervé BERNARD dit RVB

«  En peinture, je ne comprend pas que l’on puisse parler d’une couleur. En peinture, il n’y a pas une couleur. Il n’y a que des rapports. Et même quand on a affaire une toile monochrome, ce qui compte, c’est les rapports avec ce qui l’entoure. C’est toujours une question de relation. Quand on parle du noir, c’est vrai, c’est le noir ou quand on parle du rouge, au fond, je ne sais pas ce que cela veut dire. C’est une chose abstraite.

Éloge des Ronces Artificielles

Or la peinture, c’est quelque chose de concret. Et quand on regarde un rouge, un noir ou un bleu, c’est toujours la relation qu’il y a entre cette couleur et les autres qui lui sont juxtaposées qui compte. Et une couleur devient picturale que dans la mesure ou elle entre dans ce système de relation qui n’est peut-être pas pensé comme un système par le peintre, mais, qui est quand même un ensemble de relations entre des couleurs et je devrais ajouter entre des formes.

Parce que qu’est-ce que c’est que le noir ? C’est toujours une couleur avec une forme, C’est toujours une couleur avec une forme, indissociablement liée à cette forme. Et, d’ailleurs, un jaune n’est pas le même jaune s’il est dans un triangle ou dans une étoile que s’il est dans un cercle, dans un rond. Un disque jaune n’est pas du même jaune qu’une étoile jaune.  »

Pierre Soulages 1970, cité dans La couleur éloquente, France Culture, 9/01/2013