- Les couleurs par Anish Kapoor

,  par Hervé BERNARD dit RVB

De la pureté
Je n’aime pas le mot pureté. Pureté c’est de la vulgarité. Je ne suis pas intéressé par la notion de pureté. J’aime toutes ces choses qui sont entre deux. Mais après avoir dit cela je dois souligner que la couleur n’est pas simplement quelque chose dont la fonction est de recouvrir. Je suis intéressé par le rouge et par le rouge de ta peau lorsque tu sors de la douche. Je veux faire et je fais ce rouge là. Un rouge qui prend possession d’une chose unique.
Donc je ne parle pas de pureté mais de singularité au sens unique. Ce qui est ressorti de mon travail après des années c’est que les objets peuvent être décrits de différentes manières. La couleur pourrait être une sorte de peau mais elle est plus que cela. De la même manière on pourrait définir un homme seulement par son apparence mais il est beaucoup plus que cela. C’est ce sujet de la relation entre l’intérieur et l’extérieur qui est une question importante.

Autoportrait au travers de The Islamic Mirror, hommage à Anish Kapoor

De la signification des couleurs
Depuis plusieurs années déjà je suis plus intéressé par le rouge que je ne l’ai été par le bleu. Pourquoi cela ? Bien sûr le rouge c’est l’intérieur. C’est pour cela certainement qu’on ne peut pas éviter les références à Soutine ou Rembrandt. Mais Rouge c’est aussi la terre, l’horizontalité. Rouge c’est la femme. Voilà pourquoi le rouge c’est aussi la mère. C’est la couleur des origines. J’irai assez loin en disant que le rouge est le début de la culture et que dieu était toujours rouge. C’est tard dans la culture, quand les hommes ont revendiqué la religion, la culture, que Dieu est devenu bleu. Il a été localisé dans le ciel. L’horizontalité est devenue la verticalité, est devenue phallique en d’autres termes. Phallique c’est bleu et selon moins moins intéressant. C’est une idée bizarre car on pense au bleu comme la couleur de la Vierge Marie et celle du sublime. Mais en fait la Madone a du sang qui coule entre ses cuisses, rouge. Il y a une peinture exposée à la galerie Kamel Mennour qui montre le sang qui tombe entre ses jambes.

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