- Wim Delvoye

,  par Hervé BERNARD dit RVB

Wim Delvoye avec sa bétonneuse réalise un ouvrage en prolongement de l’article de Meyer Shapiro intitulé « La notion de style »1. Dans cet article, celui-ci s’interroge sur les éléments minimums de signification dans un dessin.

Avec sa bétonneuse, Wim Delvoye interroge non seulement ces éléments minimums de sens pour une peinture, une sculpture mais il pousse le bouchon encore plus loin en interrogeant la notion de matériau dans sa signification globale. Il demande ce qui constitue une sculpture.

Cependant, en créant une sculpture représentant une bétonneuse dont la structure est constituée d’un arrangement de formes faisant référence à l’art des cathédrales, il va au-delà. Est-elle un arrangement de formes ? Qui est lui-même un arrangement d’autres formes, ici les formes gothiques. Mais, il interroge aussi les matériaux de l’architectures. Sont-ils particuliers au gothique, à l’architecture si ces matériaux peuvent aussi constituer une machine susceptible de se déplacer, de tourner ? Cette machine, est-elle elle-même une machine si elle peut-être constituée de matériaux architecturaux et à fortiori de matériaux gothiques.

Ce travail constitue-t-il un prolongement des immatériaux de Lyotard ?

Extrait de l’article de Meyer Shapiro, p 43
«  À la base de la pratique contemporaine et de la connaissance que l’on prend aujourd’hui de l’art du passé, on rencontre un même point de vue théorique : ce qui compte dans un art, quel qu’il soit, ce sont les composants esthétiques élémentaires, les qualités des lignes, des points, des couleurs et des surfaces que l’artiste a fabriqué, et leurs rapports. Ces éléments ont deux caractéristiques : ils ont une capacité expressive intrinsèque et ils tendent à constituer un tout cohérent. On retrouve dans les arts de toutes les cultures la même tendance à une structure cohérente et expressive... »