- Abondance nuit (nouvelle version)Première version 2009

,  par Hervé BERNARD dit RVB

Eudoro Acevedo1. regarde l’une des premiers sites de l’histoire de l’Internet.
et déclare :
« C’est de l’informaiton. Chez-moi, il doit y en avoir plus de quatre mille, mais évidemment moins anciennes et moins précieuses que celle-ci. »

Son interlocuteur se met à rire :
« Personne ne peut analyser quatre mille sites. Depuis quatre siècles que je vis, je n’ai pas dû en contempler plus qu’une trentaine. D’ailleurs ce qui importe ce n’est pas de voir mais d’analyser. L’internet maintenant aboli, a été l’un des pires fléaux de l’humanité, car il a tendu à multiplier jusqu’au vertige des informations tout à fait inutiles. »

Ce dialogue pourrait prolonger par un autre dialogue2
Barrildo :
« Maintenant qu’on regarde tant d’informations sur Internet, il n’est personne qui ne se pique d’être savant. »

Leonelo répond :
« A cause de cela même, j’estime au contraire qu’on est plus ignorant car le savoir ne peut se limiter à une brève somme : l’excès des informations est source de confusion et réduit les efforts qu’on fait à une vaine écume. Et l’homme le plus rompu à l’analyse finit, à la seule vue de tant d’information, par y perdre son latin. »

Étonné par cette remarque, Barrildo affirme :
« Mais, Leonelo, l’internet est une invention importante ».

ce dont n’est guère convaincu le “licenciado” :
« On s’en est passé pendant des siècles, et on ne voit pas que le nôtre ait révélé un Jérôme-Bosch, un Kant, un Malraux ou un Eugène Smith. La multiplication des images est source de confusion plus que de savoir, et l’internet qui a généré un excès d’information qui n’a pas produit de nouveaux génies. »