- « Obtenez le maximum du Canon Eos 5D MarkII »Par Jacques Mateos et Claire Riou

,  par Hervé BERNARD dit RVB

Ce livre est un ouvrage complet qui décortique pas à pas et par mode l’utilisation du Canon 5D. Cet ouvrage a pour objectif, comme tous les ouvrages de ce type, de vous permettre de tirer la substantifique moelle de ce boîtier et non de porter un œil critique sur sa conception et son fonctionnement. Cependant, nous aurions aimé que certains défauts soient pointés afin de simplifier la période de découverte de cet appareil tel la mollette sélectrice du mode de fonctionnement qui se change beaucoup trop facilement.

Malgré cela, si point faible il y a, dans cet ouvrage au demeurant très complet, il se situe dans le chapitre 3 dédié au post-traitement. Pourtant, nous dirions à la décharge de ses auteurs que c’est le chapitre le plus difficile à traiter compte-tenu du fait qu’un livre de 250 pages serait lui-même insuffisant pour aborder un tel sujet. D’ailleurs, pour un boitier comme le 5D, il semblerait raisonnable de présupposer que le lecteur connaaisse non seulement les fondamentaux du numérique mais aussi les logiciels qu’il va employer. Il serait donc logique d’esquivé un tel chapitre. Cependant, à partir du moment où l’auteur de ce livre opte pour un survol exhaustif (ce qui est assez contradictoire) il ne peut que générer des insatisfactions.

Au-delà de cette remarque, nous ne devons signaler quelques erreurs qui ne sont pas sans importance même si elles sont communément pratiquées. Ainsi le PAL HD n’existe pas. Nous avons soit une image au format PAL entrelacé dit format SD pour standard soit une image HD à 25 images/sec, c’est-à-dire au standard européen ou encore à 30 images/sec pour le standard américain. Toujours dans ce chapitre, nous avons noté quelques imprécisions dans le domaine des espaces couleurs, ainsi, comme souvent, les liens entre les espaces couleurs et le gamma de l’image ne sont même pas esquissés. Certes, là aussi cet oubli est commun mais, contrairement à l’exemple précédent, les conséquences sont plus importantes. En effet, que l’on travaille en sRgb ou en Adobe 1998, contrairement à une légende du numérique, le gamma de l’image est de 2:2 que l’on soit sur un Mac ou sur PC ne change rien à la chose. En effet, c’est le gamma de l’espace couleur qui est important, lors de la photogravure et non celui de l’écran. En quoi cette remarque est-elle importante ? Parce que le gamma d’un document imprimé est au mieux d’1,8. Utiliser un gamma de 2,2 revient à afficher à l’écran une image beaucoup trop contrastée par rapport au document final. Par ailleurs, autre erreur commune, l’espace sRgb est en fait conçu pour mapper parfaitement l’espace CMJN, ces deux espaces sont donc identiques, l’objectif de cette identité est de permettre une conversion automatique. Si ce choix s’adapte parfaitement au grand-public on peut déjà, s’interroger sur sa présence sur un appareil pro (là aussi les auteurs ne sont pas responsables de ce problème). Cependant, les auteurs auraient du signaler cet aspect réducteur. De fait, conseiller cet espace à des photographes professionnels, c’est leur proposer de réduire la qualité de leur travail. A notre sens, pour le bien de la profession, il aurait mieux fallu conseiller à un professionnel d’améliorer la qualité de son travail plutôt que de l’amoindrir même si cela facilite la conversion CMJN. Certes, quand il s’agit d’un reportage de mariage, cette différence est rarement problématique mais, quand il s’agit de photographies de plats cuisinés ou de photographies de mode, cet aplatissement des nuances est plutôt problématique.

Les chapitres sur le son et la vidéo sont particulièrement réussis et contiennent des astuces intéressantes qui permettront au photographe ou au vidéaste de réellement tirer le meilleur parti de leur outil. Le chapitre 4 sur les optiques disponibles pour cet appareil et sur leur technologie est fort bien développé et peut être aurait-il fallu rédiger le chapitre trois à quatre mains comme cela a été le cas pour ce chapitre.

Globalement, nous avons apprécié cet ouvrage qui nous a fait aussi découvrir de nouveau usage pour ce boitier tel la « fonction dictaphone » qui permet de prendre des notes pendant un reportage. Certes, cela nous fait perdre une image sur la carte mémoire mais le bénéfice est largement supéieur à cette perte. Dans le même registre, vous pouvez aussi utiliser votre boitier pour photographier du texte si vous ne pouvez le recopier et le relire avec un logiciel de reconnaissance de caractères.

Voir en ligne : Le maximum !