- INCARNATIONSVernissage le 18 octobre à partir de 19 heures

,  par Hervé BERNARD dit RVB

Après des années de pratique photographique dans le reportage, une
question a pris forme dans mon esprit : quelle serait aujourd’hui la
représentation en images des réalités sociales sans passer par le reportage
documentaire ? Ainsi, peu à peu, au fil des années, j’ai constitué une petite
série d’images qui tournent autour de cette question centrale : pour aborder le
réel en photographie faut-il obligatoirement être en situation de reportage ?
Avec ces images j’aimerais provoquer un regard critique et distancié sur l’image photographique. A regarder notre entourage on croirait qu’elle a uniquement le droit de chercher une utopie, reproduire le réel. Pourtant, nous savons tousqu’une image ne peut reproduire le réel, elle le représente.

N’a t-on pas atteint la limite de la photographie documentaire ? Sommes nous hypnotisés par la photographie humaniste oubliant par la même occasion
les capacités de ce jeune média né seulement au XIXè siècle.

Si le rôle social de la photographie a changé aujourd’hui au rythme des
évolutions technologiques, ne faut-il pas envisager l’évolution des
représentations de ses réalités dont on veut en débattre ?

On peut affirmer que pour aborder le réel nous utilisons notre imaginaire.
Mais ceci est systématiquement oublié, mis de coté. La photographie n’a t-elle
pas les mêmes capacités que la peinture ? A force de confiner la photographie, tantôt dans le documentaire tantôt dans le conceptuel, nous nous privons d’un outil qui peut nous aider à l’échange et à la réflexion. Pour preuve de cette dérive contemporaine, regardez les réflexions des gens devant une image photographique, tout le monde voit (y compris le monde judiciaire) ce qui paraît être le sujet de l’image en oubliant tout la symbolique porté par l’image.

Par ailleurs, tout comme Plantu (*), je profite pour dénoncer l’admiration
conventionnelle de nos concitoyens devant ces oeuvres classiques qu’ils ne
cherchent pas à comprendre et encore moins critiquer. J’ai choisi de m’inspirer
de l’iconographie occidentale classique, présente dans l’esprit des occidentaux.
Non pas pour la plagier ou la caricaturer, comme certains le font actuellement,
mais pour mieux développer mes propos.

Jorge Alvarez Iberlucea

(*) Plantu, sculpture et dessin, Musée Carnavalet / Paris musées, 2003.

Liste des oeuvres
La Piéta retournée (1996)
Le féminisme mal compris nous mène à la disparition de la féminité et aux troubles relationnels. cf Regard sur l’Image p 287

L’Amazone (1998)
Réincarnation de Persée avec la tête de la Méduse en une Amazone dotée d’une tête d’agneau. L’Amazone est une manière de représenter l’Autre,
l’étranger vaillant, celui qui choisi de tuer le symbole de la docilité et la soumission dans notre culture : l’agneau.

La Vierge au chat (2000)
Cette image est née d’une expérience personnelle dans un jardin parisien : une femme gifle son enfant qu’elle laisse pleurer et quelques pas plus loin embrasse sur le museau son petit chien.

La Sainte Martyre de l’image (2001)
Dans notre monde occidental et consommateur superficiel, l’image de soi devient un esclavage...

Le Saint Martyr d’amour (2001)
Les débordements de certains amours ne sont-il pas éternels ?

La mort du photographe (2001)

La Vénus au miroir (2001)
L’image de soi, mais sans angelot.

Le Penseur (2001)
Suite de La Pietà retournée.

La propriétaire (2004)
L’image de soi est devenue une propriété au nom de la défense de la vie privée. N’est pas un signe d’une importante dérive de notre société ?

Le site de Jorge Alvarez Iberlucea